Vous n’êtes pas pécheur

Vie spirituelle
Pécheur, non. Lumière, oui.
SOMMAIRE

Vous n’êtes pas pécheur ; vous êtes la Lumière du monde, le Sel de la terre ! Voilà ce que nous rappelle Grégoire SOWADAN dans cet article.

L’idée que nous sommes de pauvres pécheurs est fausse !

Vous êtes lumière ; pas pécheur.
Vous êtes la lumière du monde, le sel de la terre ; pas pécheur.

L’idée que nous sommes de « pauvres pécheurs » est tellement répandue et ancrée dans le subconscient collectif de l’humanité que je me demande si vous serez ouvert à mon discours dont le but est de vous démontrer tout à fait le contraire : Nous ne sommes pas des pécheurs !

« Quelle affirmation ! Quel blasphème ! » S’écrierait plus d’un. Ils iront jusqu’à dire que je radote. Et pourtant, je maintiens mon affirmation : Vous n’êtes pas pécheur ! Je ne suis pas pécheur !

Tout dépend du regard de chacun. Et il importe beaucoup que nous changions notre vision de l’homme pour le sortir de la boue.

L’homme est comparable à un petit enfant qui sort s’amuser et qui revient tout sale, couvert de boue : il vient de se sauver miraculeusement d’un étang dont les traces se sont déposées sur tout son corps, le rendant semblable à un petit cochon. Il revient à la maison.

Que croyez-vous que feraient ses parents ? Vont-ils le rejeter parce qu’il est couvert de boue, parce qu’il s’apparente à la boue ? Non ! Ils vont bien sûr le gronder de s’être sali autant. Ils vont peut-être le punir. Mais après la leçon, ils vont s’atteler à le débarrasser de cette boue. La boue n’a pas effacé de leur tête qu’il s’agit d’un enfant, et qu’un enfant, un fils d’homme, n’est pas fait pour la boue.

Ainsi en est-il de l’homme et du péché. Le péché, c’est la boue dans laquelle l’homme (l’enfant de Dieu) barbote. L’enfant s’est éloigné de la maison du Père et est tombé dans la boue qui l’a recouvert. Mais il n’est pas la boue. Il ne doit pas rester, végéter dans la boue. Il n’est pas né boueux (pécheur) et ne doit pas rester boueux. Il faut le laver ou l’amener à se laver de la boue, pour qu’il redevienne le digne fils non boueux qu’il est en vérité. Vous comprenez donc que vous n’êtes pas pécheur.

L’importance de ne pas confondre l’acte avec l’être, le péché avec le pécheur

Vous n'êtes pas pécheur, mais lumière dans les ténèbres!
Vous n’êtes pas pécheur, mais lumière dans les ténèbres !

Ceux qui ont déclaré l’homme pécheur et qui lui font croire, à tort, que telle est son identité, ont commis et commettent encore une faute grave : ils ont confondu et confondent l’Acte avec l’Etre. L’exemple qui va suivre vous éclairera sur ma pensée.

Jean, votre ami, vous a volé dix mille francs. Quelle déception ! Alors pour vous il est un voleur, il est devenu un voleur.  Or, en son for intérieur, Jean a fait amende honorable, sans tapage et à votre insu. Sans rien vous dire et après de grandes précautions afin que vous n’en sachiez rien, il a remplacé les dix mille francs volés par vingt mille francs, et il a décidé que ce vol serait le dernier de sa vie.

Vous, qui ignorez tout de la réalité au-dedans de Jean, avez continué à crier sur les toits qu’il est un voleur. Mais en est-il un, en vérité ? Non ! me répondrez-vous sûrement. Et je suis d’accord avec vous. Jean a volé (il a péché), mais Jean n’est pas un voleur (il n’est pas un pécheur !) L’acte posé par Jean (le vol) ne dit rien de son être, de ce qu’il est en vérité. Dire que Jean est un voleur, c’est sous-entendre qu’il n’est capable que de vol. Ce qui n’est pas vrai : il est aussi capable d’agir pour le bien, capable de charité.

C’est donc une erreur de qualifier un être par l’acte qu’il a posé ; et cette erreur est d’autant plus grave qu’elle maintient l’homme dans le mal ; elle sert de base à une marginalisation de l’homme : Jean est voleur ; or le voleur, il faut le garder loin de soi ; donc on évite Jean comme la peste.

Dans l’exemple qui va suivre, celui de Jean Valjean, personnage central des Misérables de Victor Hugo, on note l’opposition de deux regards jetés sur Jean Valjean : l’un l’a fait plus méchant qu’il ne l’était, l’autre l’a bonifié.

En effet, quand Jean Valjean, rongé de pitié pour ses neveux qui mouraient de faim, en est arrivé à voler du pain dans l’unique but de les sauver de la mort, il fut jugé un voleur par la société, et fut jeté en prison, au bagne en l’occurrence. L’inquiétude au sujet du devenir de ces pauvres enfants le conduisit à tenter de s’évader, plusieurs fois. Ses années de prison se multiplièrent et il ne fut sorti que dix-huit ans plus tard.

Dix-huit années de bagne pour un pain volé dans l’unique but de nourrir des enfants affamés ! Une fois sorti, son passé de bagnard l’a suivi, lui collant à la peau. Et tout le monde lui fermait sa porte. Incapable d’être reçu et entendu, il fut gagné par la révolte contre la société, et son âme commençait à être rongée quand, fort heureusement, l’Evêque de Digne, Bienvenu Myriel, lui ouvrit les portes de sa maison et de son cœur. Il sut voir, au-delà du bagnard, une âme en peine qui appelait au secours. Il se sacrifia pour changer la vie du bagnard en celle d’un citoyen digne et respectable, le Maire Madeleine, un bienfaiteur né.

Le regard bienveillant de l’évêque a accompli le miracle de sortir Jean Valjean de l’ombre du mal, et a éveillé en lui la Lumière. Et grâce à cette Lumière, ce Feu divin, il a réussi à arracher Champmathieu, qu’on prenait pour lui, de la menace d’être conduit au bagne : il s’est dénoncé, prêt à perdre tous les avantages sociaux qui étaient devenus les siens.

Vous voyez donc, cher lecteur, comment l’erreur de confondre une personne avec l’acte qu’elle a posé peut conduire en enfer.

Celui qui commet un péché a commis un péché tout court : il n’est pas pécheur. Dire qu’il est pécheur, c’est dire qu’il est incapable de bien, puisqu’il n’est capable, de nature, que de péché. Et ce n’est pas vrai, vous en convenez.

Ceux qui agissent ainsi, c’est-à-dire, qui s’identifient au mal ou qui identifient leur prochain au mal, ignorent une chose capitale : la Puissance de l’Identification.

L’identification, un précieux moyen de développement dont Dieu a doté l’Homme.

Des germes divins! Pas des pécheurs.
Nous sommes des dieux en devenir. Pas des pécheurs.

L’Identification est un moyen puissant dont Dieu a doté l’homme pour s’accomplir. Un enfant qui, plein d’amour pour son père, s’amuse à s’identifier à lui, même s’il le fait en toute innocence, s’ouvre à ses qualités ou à ses défauts, qui viendront et se manifesteront pleinement en lui. Il deviendra comme son père. Jésus, qui connaît cette vérité, s’est lui-même identifié au Père : « Quiconque m’a vu a vu le Père. » « Je suis la lumière du monde ».

Au même moment, il identifie ses disciples au « sel de la terre » et à « la Lumière du monde ». C’est pour lui une invitation à nous identifier nous-mêmes à la Lumière, au meilleur, au lieu du pire : c’est cela faisant que nous nous réaliserons comme tels. Nous sommes le sel de la terre, l’esprit qui donne vie au corps, et non le corps. Et en tant qu’esprit, nous sommes fils de Dieu, notre Père, nous sommes Dieu. Et pour faire de cette vérité une réalité sur la terre, notre terre, nous devons savoir faire une bonne utilisation de ce moyen précieux de réalisation que Dieu nous a laissé : l’Identification.

Identifiez-vous au soleil, à la Lumière, à la Vertu, au Christ, à Dieu votre Père, sans orgueil. Cela est permis, voire recommandé. Et cessez de voir le mal, le péché, partout dans votre vie.

Un enfant couvert de boue doit se laver et se faire propre, au lieu de se reconnaître de la boue, comme fait pour la boue, et de devenir ce faisant semblable à un petit cochon. Encore que les cochons ne sont pas faits non plus pour la boue.

Vous êtes Dieu, vous êtes fils de Dieu, donc Dieu. Vous êtes lumière, né de la Lumière-Dieu, et avez pour raison d’être de produire des fruits de lumière, des fruits de l’esprit que vous êtes.

Vous n’êtes pas pécheur, moi non plus ! Vous êtes Lumière, moi aussi !

Voilà les nouvelles formes d’identification que vous devez adopter afin que votre vie s’illumine. Anéantissez les mauvaises graines, présentes dans le subconscient collectif et nées d’une mauvaise utilisation de l’identification, qui empêchent l’homme de sortir de la boue.

Préférez les bonnes graines aux mauvaises, et faites-vous un jardin splendide !

Je suis un splendide jardin, et non un pécheur.
Devenons des jardiniers qui font pousser de bonnes graines dans notre jardin.

Détruisez des idées telles que : « L’homme est un loup pour l’homme », « la femme est mauvaise », « l’homme est incapable de fidélité », etc. Ces affirmations sont à combattre, à détruire en vous, qui maintiennent l’homme enlisé dans le mal, dans le péché.

Compte tenu de tout ce qui précède, je me permets d’affirmer que la prière « Je vous salue Marie », ou « Ave Maria » doit être revue ou changée. En effet, la partie « …Priez pour nous pauvres pécheurs… », des dizaines de fois répétée par jour, est nocive, dans la mesure où elle vous identifie au péché et vous y enlise davantage alors que vous êtes la « lumière du monde » comme Jésus l’a proclamé.

Cher lecteur, acceptez cette vérité que je partage avec vous, en tout désintéressement. Il faut que sur terre la Lumière triomphe des ténèbres. Et cela n’est possible que si chacun fait triompher d’abord en lui-même la Lumière, en s’identifiant à elle.

Fait à Abomey-Calavi, ce 22 juin 2012. (Lire aussi « L’astrologie et la magie, deux sciences divines »).

Grégoire SOWADAN

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