De la pornographie dans nos écoles. Les enfants sont-ils vraiment les coupables? Non, répond Grégoire SOWADAN. Découvre qui sont les coupables, à ses yeux.
Les enfants sont-ils les vrais coupables de la pornographie ?

Bonjour, chers amis.
Des vidéos obscènes d’élèves en proie à la pornographie ont été postées récemment sur les réseaux sociaux et ont provoqué, apparemment, l’indignation de tous. Et qu’est-ce qu’on fait en réaction à cette situation déplorable ? Les autorités des établissements concernés sanctionnent les jeunes gens en les renvoyant de leurs écoles respectives ou en les suspendant, et le gouvernement va peut-être décider de punir sévèrement les établissements concernés. Donc pour la majorité, c’est la faute des enfants, en premier, et celle des établissements en second. Quel diagnostic !
J’attire l’attention qu’à l’avènement du Covid-19, nos gouvernants ont pris le temps de réfléchir mûrement afin de ne prendre de mesures que celles les plus appropriées à notre situation sociale et économique.
Et pourquoi donc, en ce qui concerne le statut moral de nos jeunes gens dans les écoles, ne fait-on pas la même chose ? Pourquoi se précipite-t-on pour sanctionner les mauvaises personnes ? Pourquoi banalise-t-on un problème aussi grave ?
Les vrais coupables, n’est-ce pas les éducateurs des enfants ?
Je voudrais ici nous amener à identifier les vraies causes de ce mal qui gangrène notre société. Nous pourrons ensuite réfléchir ensemble pour trouver le remède.
Permettez-moi de vous raconter deux faits qui m’avaient marqué quand j’enseignais à l’ESMA du Village d’enfants SOS d’Abomey-Calavi.
Les parents d’un élève avaient été convoqués par l’instance dirigeante, parce que leur enfant était alcoolique, bien sûr à leur insu. Et quand ils furent informés de l’assuétude de leur fils, le père dit spontanément : « C’est notre faute. Ni sa mère ni moi ne sommes jamais là. Le matin à 6h, nous sortons de la maison pour ne revenir que tard le soir, après 20h. Et nous ignorons tout de ce que fait l’enfant de ses journées. C’est notre faute. L’enfant n’y est pour rien. »
Voilà une réaction admirable d’un parent. Au lieu de chercher à enlever la paille dans l’œil de son fils, le père a réalisé qu’il se trouve dans son propre œil une poutre. Quand il l’aura enlevée, il verra plus clair, et ensuite seulement il pourra trouver la bonne solution pour sortir son fils du gouffre.
C’est cela la bonne attitude, et non s’en prendre à l’enfant et détruire son avenir, par ignorance, comme ce fut le cas dans ma seconde histoire.
Je n’ai jamais réussi à oublier cette petite Nigérienne envoyée faire des études de musique, contre son gré, juste après son CEP. Elle était rebelle, indisciplinée, et elle ne manquait pas d’occasion pour dire sa révolte et son désir de retourner dans son Niger natal. Hélas, personne ne l’écouta. Elle fut contrainte à faire quelque chose dont elle ne voulait pas. Au finish, dans sa troisième année, on découvrit qu’elle se droguait. Un jour, je constatai son absence à mon cours.
Et alors j’appris que neuf garçons « étaient passés sur » elle à tour de rôle, la souillant de leur sperme, pendant qu’ils étaient tous (la fille et les garçons) sous l’effet de drogue. Enfin, la petite fut renvoyée au Niger, jugée insupportable, pourrie, indigne de poursuivre ses études. Que devient-elle aujourd’hui ? Je n’en sais rien.
Je m’en suis voulu en silence, pendant longtemps, d’avoir été complice de ce qu’est devenue cette adolescente de quinze ans environ. N’aurions-nous pas mieux fait de faire ce qu’elle exigeait dès le départ, plutôt que d’avoir attendu qu’elle fût perdue pour la jeter à la poubelle ?
Et pourquoi n’avoir pas œuvré à la sortir de son état de déliquescence, de détresse intérieure, avant de la renvoyer à ses pauvres parents ?
Que Dieu nous pardonne cette faute grave commise sur cette fille.
Une chose est sûre, elle ne peut être tenue pour seule responsable de l’état dans lequel elle s’est retrouvée. Nous avions, nous ses encadreurs, notre part de responsabilité. Nous avons pris de mauvaises décisions. Comme ce me semble le cas dans cette histoire de pornographie scolaire.
Nous devons toujours nous souvenir d’une chose capitale :
L
Un enfant apprend par mimétisme. Qu’imitent nos enfants chez nous ?

Un enfant apprend essentiellement par mimétisme.
L’enfant imite ce qu’il voit faire autour de lui. Raison pour laquelle son comportement change relativement, le jour où il commence les classes. Le comportement change parce que les influences ne sont plus les mêmes.
Sachant cela, quels types d’influences avons-nous sur nos enfants, lorsque par exemple, des vidéos circulent où l’on entend un certain coach enseigner que pour l’équilibre dans le foyer : 1- il faut faire l’amour ; 2— il faut faire l’amour proprement ; 3— il faut faire l’amour dans toutes les positions ?
Pourquoi serions-nous donc choqués que nos enfants reproduisent ce que nous leur enseignons ?
Les revues pornographiques sont produites et vendues dans les coins de rue. Des films pornographiques sont disponibles sur internet, donc à la portée de nos enfants. Or, nous savons tous qu’en période pubertaire, toute la curiosité de l’adolescent est en général naturellement tournée vers sa sexualité. Et puisqu’en général aucune information ne lui vient de ses parents puritains, pudibonds, il fait sa propre quête et devient la proie d’informations qui lui tombent dessus et qu’il avale sans discernement.
Quelles influences croyons-nous avoir sur nos enfants lorsque nous nous livrons à des pratiques sexuelles peu orthodoxes ? Nous croyons peut-être nous cacher à leurs yeux. Erreur ! La plupart ignorent que, plus que nos actes, nos émanations impactent notre entourage. Si nous volons, même en cachette, notre vol se manifestera à travers notre aura, et nos proches nous ressentiront inconsciemment comme enclins au vol. Ce qui compte le plus, c’est l’exemple que nous donnons à nos enfants par notre conduite.
Quel impact croyons-nous avoir sur nos enfants, lorsque nous les faisons témoins de nos scènes de ménage, de nos infidélités ? Ils feront exactement comme nous, aujourd’hui et demain.
Les viols sur mineurs, qui en sont les auteurs ? Bien sûr des adultes.
Lorsque notre frère, en toute confiance, envoie sa fille de 15 ans en vacances chez nous et que nous la dévoyons, quel signal croyons-nous lui envoyer ? Nous lui apprenons que le sexe n’a pas de caractère sacré, que l’oncle peut coucher avec sa nièce, le père avec sa fille, la mère avec son fils, le frère avec sa sœur, à la cuisine, à la douche, au salon, dans la rue, n’importe où. Alors, pourquoi nous offusquer, lorsqu’elle reproduit ensuite avec d’autres le cliché que nous lui avons montré ?
Lorsque nos enfants apprennent sur les réseaux sociaux ou à la télé que des hommes religieux, supposés servir d’exemples de moralité au peuple de Dieu, font de la pédophilie, de l’homosexualité, du viol leur lot quotidien, quels repères croyons-nous qu’ils ont ? Quels exemples croyons-nous qu’ils vont copier ? Croyons-nous que les bons exemples leur tomberont du ciel ?
Quand nos politiciens et nos cadres mentent, détournent le bien public sous les yeux de leurs enfants, se construisent des maisons au luxe à la limite insultant, comptent un grand nombre de maitresses, érigent des fétiches à la maison qui leur procurent de l’argent ou du pouvoir, etc., quels signaux croient-ils envoyer à la jeune génération ? Ils leur apprennent que gagner l’argent à n’importe quel prix est chose normale et applaudie, voire admirée et enviée dans notre société. Du coup, on observe dans le rang des jeunes des escrocs, des « gaymans ».
Quand nous enseignons aux enfants que mentir est mal, qu’il n’est pas bon de voler, et au lieu d’accompagner nos paroles du bon exemple, nous mentons et volons sous leur nez, croyons-nous vraiment qu’ils ne mentiront pas, ni ne voleront pas ? Quelle naïveté !
Nos enfants feront toujours ce dont nous leur donnons l’exemple.
Ce ne sont pas eux les auteurs des romans et films pornographiques, ni des clips vulgaires déversés sur nos chaînes de télévision, mais des adultes. Leur éducation incombe aux parents démissionnaires que nous sommes pour la plupart.
Si nous attirons sur la terre des démons comme enfants, ils nous tourmenteront.
Et une dernière chose que beaucoup ignorent, je ne cesserai jamais de le crier :
C’est nous qui avons la lourde responsabilité d’attirer à nous des anges ou des démons, comme enfants. Tout dépend de la manière dont nous pratiquons notre sexualité et menons notre vie. Car qui s’assemblent se ressemblent, et qui se ressemblent s’attirent.
En faisant, pour le summum du plaisir, l’option d’une sexualité débridée, ou en menant une vie chaotique et de vices, nous optons par voie de conséquence pour faire s’incarner des démons sur la terre. Ils viennent séjourner chez nous, nous font tomber des tuiles sur la tête, et nous nous en plaignons ? Nous nous en prenons à eux ? Non, c’est plutôt à nous-mêmes que nous devons nous en prendre.
Changeons de sexualité, changeons de vie, pour attirer des anges. A bon entendeur, salut !
Reconnaissons nos erreurs et corrigeons-les.
Sortir les enfants de l’école où ils sont ne résoudra pas le problème.
Aidons-les à changer leurs manières. Et pour y parvenir, commençons par changer les nôtres propres, et soyons plus présents et plus impliqués dans leur édification. Lisez aussi (« Education sexuelle comme solution aux problêmes de la soci;été »)
Grégoire SOWADAN
Cette vidéo sur l’éducation des enfants va beaucoup vous profiter. REGARDEZ LA VIDEO !
