Vous vous êtes sûrement déjà posé des questions sur la cause des dysfonctionnements au sein de nos familles et de la société, sans y trouver de réponse. Cet article vous la fera découvrir et vous propose un moyen d’y remédier
Une éducation sexuelle pour les filles, mais pas pour les garçons

Je devisais, il y a trois semaines, avec une amie du nom d’Auriane. Nous parlions de tout et de rien. Je ne sais plus comment nous nous sommes retrouvés à parler de la grande crise morale que traverse l’humanité aujourd’hui. Nous avons parlé d’homosexualité, de transgenrisme, de changement de sexe. Auriane m’informa que toutes ces déviances étaient en train d’envahir et de corrompre notre communauté béninoise.
Et pour preuve, elle me raconta comment elle s’était retrouvée un jour dans un groupe avec quelqu’un qui s’apparentait grandement à une fille, mais qui, en réalité, n’était qu’un transgenre, un garçon à l’origine qui était en plein processus pour devenir une fille.
A ma curiosité de savoir comment elle avait pu le reconnaître, elle me répondit : « Les garçons écartent les jambes, naturellement. Mais aux filles, les mères apprennent, depuis leur bas âge, à cacher leur entrejambe. En grandissant, elles prennent le pli et ne laissent jamais leurs jambes entrouvertes. Cela finit par être naturel chez elles toutes. Les garçons qui changent de sexes ou qui jouent aux femmes n’ont rien appris de cette conduite. Alors leur fausse apparence de fille est toujours trahie par la tenue qu’ils ont de leurs jambes. Cela, ils n’arrivent pas à le corriger, et ils en sont souvent trahis. »
J’étais ahuri d’entendre ce discours très logique de mon amie Auriane. Et ce fut pour nous l’occasion de nous pencher sur l’importante question de l’éducation sexuelle.
Auriane m’a appris, ce jour-là, que notre société, par le truchement des mères, prépare les filles, depuis leur bas âge, à leur futur rôle d’épouse et de mère. On leur apprend à s’occuper d’elles-mêmes. Leur mère leur parle de menstrues, très tôt ou dès que les premiers signes apparaissent, qui montrent qu’elles ont atteint l’âge de puberté et peuvent désormais tomber enceinte. Du coup, elles doivent avoir une certaine réserve vis-à-vis du sexe opposé afin de s’éviter les désagréments d’une grossesse précoce.
Leur mère les forme à assurer le ménage et la propreté d’une maison. On leur apprend, on les forme à gérer les humeurs, car plus tard, elles devront gérer les humeurs et de leur mari et de leurs enfants.
Mon amie, avec qui j’aime beaucoup échanger, car d’elle j’apprends énormément de choses, m’a dressé toute une liste, non exhaustive, de choses que la société apprend aux filles. Puis elle me fit voir qu’aux garçons par contre, personne n’apprend rien.
Les conséquences désastreuses du défaut d’éducation sexuelle et d’accompagnement des garçons

Les parents commettent souvent l’erreur de traiter les garçons différemment de leurs sœurs. Ils leur épargnent en général les travaux ménagers. On les laisse libres d’aller jouer quand ils veulent et comme ils veulent, pendant qu’on oblige leurs sœurs aux travaux ménagers. Les parents traitent les garçons comme s’ils étaient supérieurs à leurs sœurs. C’est là une grave erreur.
Puis, lorsqu’ils arrivent à l’âge dit de puberté, qui leur parle des changements observés dans leur anatomie ? Qui leur parle des nouvelles sensations relatives à leur sexualité ? Qui leur explique le danger qu’il y a de se laisser aller à leurs envies de coucher avec des filles du même âge, avec ou sans leur consentement ? Qui leur explique qu’obliger une fille à les satisfaire sexuellement s’appelle du viol, et qu’il s’agit d’un crime sanctionné par un séjour en prison ?
Personne ! Ni leur père ni leur mère n’expliquent rien aux garçons. Ceux-ci sont livrés à eux-mêmes, sans aucun discernement sur les conséquences que peuvent entraîner pour eux le mauvais usage de leur appareil génital.
Ils commencent par découvrir tout seuls la pratique de la masturbation dont ils peuvent devenir très tôt dépendants. Et quand ensuite ils ont le courage de faire le pas vers des individus du sexe opposé, ils sentent le besoin d’une formation. Et où vont-ils chercher cette formation ? Auprès de leurs camarades qui, eux aussi, se sont formés tout seuls, dans des livres pornographiques ou à travers des films du même genre.
Ce qu’ils apprennent dans ces livres et films, il leur faut le mettre ensuite en pratique, coûte que coûte. Alors ils peuvent devenir des violeurs, ou des dépravés sexuels…
En écoutant le décryptage fait par mon amie du parcours sexuel des garçons, je me suis senti comme devant un miroir de mon passé. Et je parie que la plupart des garçons se retrouveraient dans ma posture.
En effet, mon amie m’a fait réaliser que ni mon père ni ma mère ne se sont jamais entretenus avec moi au sujet de choses sexuelles. J’ai découvert tout seul le plaisir de la masturbation en classe de 6ème, à l’âge de 12 ans, sans jamais en parler avec personne, et m’y suis investi pendant de bien longues années. Mon séjour au séminaire, ainsi que ma timidité et la pratique sus-évoquée, m’ont gardé loin du sexe féminin jusqu’à ma 26ème année. Mais quand, à cet âge, j’ai décidé de faire l’expérience féminine, vers qui me suis-je tourné ? Vers un ami dont le premier réflexe fut de me remettre des revues pornographiques.
J’ignore comment j’ai pu échapper au piège de la pornographie. Celle-ci est venue à moi toute seule, et elle aurait pu me déglinguer, si la Main secourable du Père ne m’en avait pas protégé, pour ainsi m’éviter le pire. Mais combien ont cette chance providentielle ?
La question que je me pose et que je vous pose est de savoir si un jeune homme sans éducation sexuelle de base, sans le moindre discernement de ce qu’il faut faire et ne pas faire en matière de sexualité, qui est passé aussi bien par le piège de la masturbation que par celui de la pornographie, peut devenir du jour au lendemain un mari fidèle, un homme qui maîtrise si bien son énergie sexuelle qu’il n’a jamais violé et ne viole point de femmes, et un mari fidèle à sa femme.
Un tel homme serait un miraculé, à mes yeux. Et les miraculés ne courent pas les rues.
Mon amie m’a ouvert les yeux sur la vraie cause des dérèglements qu’on peut observer dans notre société au niveau des couples. Cette cause, c’est le défaut d’éducation sexuelle et d’accompagnement des enfants, depuis leur bas âge, surtout chez les hommes.
Beaucoup de femmes nous apparaissent aujourd’hui comme dévergondées. Elles le sont devenues sûrement parce que des hommes « irresponsables » et sans retenue les avaient violées à de multiples reprises, depuis l’âge de cinq ou six ans. Elles ont dû alors grandir avec cette blessure au cœur, qui a engendré en elles une absence cruelle d’auto-considération et d’amour propre. Elles ont été violées par leur père, des oncles, des frères, des cousins, ces personnes qui sont en principe censées les protéger, mais qui, à leur surprise et déception, sont devenues leurs bourreaux, dans des maisons, leurs maisons, supposées être pour elles des forteresses, des lieux sûrs où elles auraient dû être en sécurité.
Si ces violeurs (père, oncles, frères, cousins, etc.) ont commis de tels crimes sur des petites filles qu’ils sont censés protéger, c’est parce qu’ils ont été livrés à eux-mêmes, à cet âge crucial où ils avaient besoin que quelqu’un ait pris en charge leur éducation sexuelle.
Le défaut d’éducation sexuelle, en particulier, et d’accompagnement, en général, des garçons comme des filles, des garçons surtout, cause énormément de dégâts dans notre société. Et il faut que tous ensemble nous nous déterminions à y suppléer. Nous avons suffisamment connu de catastrophes relativement à cela. Et il faut que cela cesse.
Dans l’état où sont les choses, je me permets d’avertir les parents de filles, voire de garçons, des grands dangers d’abus sexuels auxquels ils exposent leurs filles (et de plus en plus les garçons) lorsqu’ils hébergent dans leur maison des frères, des cousins, des neveux, et autres étrangers à la cellule familiale.
Vos frères peuvent violer vos filles (voire vos garçons, s’ils sont des pédophiles cachés). Vos nièces ou sœurs d’un certain âge peuvent initier vos garçons trop tôt à la sexualité, faisant d’eux des dévoyés.
Avoir une confiance aveugle en ceux que vous hébergez, sans jamais prendre soin d’enquêter sur ce qui se passe dans votre maison, peut être très irresponsable.
C’est bon de vouloir venir en aide à des frères ou neveux. C’est charitable. Mais vous n’aurez jamais de contrôle sur ce que feront de vos enfants ces personnes à qui vous offrez le gîte.
Je connais un grand nombre de femmes qui ont été violées, à moins de 10 ans, par des oncles ou cousins que leurs parents ont fait venir dans leur maison. Et ces oncles les menacent en général de les tuer, ou de tuer leur père ou leur mère, si jamais elles osent ouvrir la bouche. Quelle méchanceté, n’est-ce pas ? Cela est courant. Cela se passe peut-être même déjà chez vous à votre insu. Alors, sachez mettre des limites à votre gentillesse.
Quand vous avez de petits garçons et surtout de petites filles, évitez au maximum d’héberger des étrangers à votre cellule familiale. A défaut, ouvrez grands, bien grands, très grands vos yeux !
À bon entendeur salut. (Lire aussi « Bien choisir son conjoint ou sa conjointe »)
Grégoire SOWADAN
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5 replies on “L’éducation sexuelle comme remède aux dysfonctionnements au sein des familles et de la société.”
Très belle histoire. Ça pose une certaine pertinence. Bravo !
Merci beaucoup, cher Assogba.
Waooooh
Très instructif …
Alors ne penses tu pas que nos assemblées religieuses aussi ont un rôle à jouer dans l’éducation sexuelle tant de la femme ,que de l’homme !?
Bien sûr que si. Mais il faut que les enseignants de ces assemblées soient bien outillés et véritablement éclairés par la Lumière Céleste.
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