Enfants en vacances : quelles implications ?

Famille
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Quand nous recevons chez nous les neveux en vacances, avons-nous conscience de tout ce à quoi nous exposons notre épouse? Découvrez!

Hommage et excuses publiques à mon oncle chez qui nous allions en vacances.

Hommage à l'oncle qui nous recevait en vacances
A nos oncles qui essuyèrent nos ingratitudes, je rends hommage et demande pardon.

Chers amis, bonjour.

Permettez que je rende hommage aujourd’hui à un homme, mon oncle que je m’interdis de nommer ici, alors que je le voudrais bien.

Cet oncle, à vrai dire, je ne l’ai jamais particulièrement aimé, enfant gâté que j’ai été. Et c’est même récemment seulement que j’ai réalisé à quel point cet homme s’est sacrifié pour nous.

Mon oncle était un militaire du temps de la révolution béninoise. Il était soldat peut-être de 1ère ou de 2ème classe. Ou a-t-il fini par être sergent avant la fin de sa carrière, je ne saurais le dire, puisque je n’en sais rien. Mais j’ose penser et dire qu’il n’avait pas gravi de grands échelons dans son corps et ne devait sûrement pas gagner un salaire élevé. Attention, je fais toutes ces affirmations sous réserve de me tromper, non pas pour rabaisser un homme, mais pour montrer à quel point les hommes peuvent commettre des erreurs, par ignorance, parce qu’ils ne savent pas se mettre à la place de l’autre.

Je réalise aujourd’hui que l’oncle a toujours vécu en location, dans la ville de Cotonou, jusqu’à sa retraite. Il a le plus souvent habité dans des appartements de deux pièces communément appelés « une chambre-un salon », dans des quartiers défavorisés, pas très loin des bidonvilles. C’est dire que ses moyens financiers étaient bien limités.

Pourtant, c’est chez lui que nous allions nombreux, tous les ans, en vacances. Et il devait nous nourrir pendant un à deux mois, tous les jours. Parfois il nous amenait dans des maquis, pour nous acheter à manger. Et malgré tout ce qu’il faisait, enfants insouciants que nous étions, nous en voulions toujours plus. Nous trouvions qu’il ne nous traitait pas assez bien. Mais cela ne nous empêchait pas de revenir l’année suivante.

Après nous avoir nourris pendant tout ce temps, il se faisait en plus le devoir de nous acheter des fournitures scolaires pour l’année suivante, et par surcroît, nous coudre des tenues kaki. Et pas un merci de notre part. Pourquoi lui dire merci d’ailleurs ? Il ne faisait que son devoir d’oncle !

Je ne veux même pas faire cas de ceux qui sont restés chez lui pour faire leur apprentissage, pendant des années.

Après sa carrière, le pauvre homme a dû se rabattre sur le village, dans une petite maison qu’il a réussi à se construire. Et, allez entendre les critiques : « Lui, il a travaillé pendant trente ans sans réussir à construire à Cotonou, ne serait-ce qu’une petite maison. Après toutes ces années, il vient se terrer au village ! »

Ces critiques sont faites sans pitié par tous (ses frères et ses sœurs qui le surchargeaient de leurs lourds fardeaux, de même que nous ses neveux dont il a porté la charge toutes ces années). Mais comment pouvait-il se construire sa maison, s’il devait chaque fois épuiser ses maigres économies pour ne pas décevoir ses frères et sœurs qui sont aujourd’hui sans pitié ni reconnaissance à son endroit ?

Je veux publiquement demander pardon à mon oncle, pour toutes nos ingratitudes passées et présentes à son encontre, nous ses nombreux neveux.

Les vacances de neveux et nièces, de grands moments de souffrance pour les femmes hôtes.

Enfants en vacances égale souffrance pour la femme

J’imagine ce que doivent subir les ressortissants de villages éloignés et leur foyer, qui se sentent obligés de recevoir du monde chez eux, un monde pas souvent gentil.

 J’imagine les femmes de ces hommes, et les lourds sacrifices qu’elles doivent consentir pour être à la hauteur, de peur d’être jugées comme mauvaises par la belle-famille.

J’imagine quelles grotesques humiliations elles doivent ravaler ou refouler, afin de ne pas s’attirer la foudre de leur mari qui, très attaché aux liens familiaux, préfère la sacrifier, elle l’épouse.

Un appel à une prise de conscience générale.

Des vacances à repenser.
Repensons notre solidarité africaine.

Il faut que les hommes puissent ou sachent dire non, parfois, pour ne pas vivre l’enfer où peut les conduire ce que nous appelons avec fierté la solidarité africaine. Une solidarité qu’on impose à autrui, contre sa volonté, est un abus, je pense.

Il faut que les maris prennent conscience qu’ils exposent dangereusement leur épouse en laissant libre cours à ce genre de coutume. Car, s’ils savaient à quelles injustices et frustrations ils exposent leur épouse par leur laxisme, ils auraient peur d’en répondre un jour.

Et que dans les villages, l’on sache que ceux qui vivent en ville ne sont pas nécessairement nantis et en mesure de porter le poids du monde. Et même si c’était le cas ! Et aucune solidarité, si africaine soit-elle, n’autorise à abuser de la gentillesse, mieux de la faiblesse des autres.

Cet appel à la prise de conscience est valable également pour tous ceux qui, pour se décharger, envoient leurs enfants en vacances, pendant de longs mois, chez leurs frères, sœurs ou amis, sans même les accompagner d’un kopeck, oubliant que ce faisant, ils surchargent ces frères, sœurs ou amis à qui ils créent des difficultés de tous genres.

Envoyer ses enfants en vacances peut être une bonne chose, si le séjour est très bref, mais il peut aussi constituer un risque.

Les vacanciers peuvent revenir avec de vilaines habitudes que vous ne leur connaissiez pas. Des filles peuvent être violées ou dévoyées par des férus de vacancières toujours à la recherche de nouvelles proies. Et les vacancières sont ressenties comme toutes faites. Pire encore, elles peuvent vous revenir avec la surprise d’une grossesse qui attend son heure pour être visible. Et n’oubliez pas que le violeur peut être celui-là même chez qui vous l’avez envoyé.

A bon entendeur, salut ! (Lire aussi « Pour garder sa femme, voici un secret »)

Grégoire SOWADAN

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4 replies on “Enfants en vacances : quelles implications ?”

Mantanvisays:

Cet article s’avère une réalité absolut. Néanmoins,reconnaissons que les choses ont évolué de nos jours , du moment où aucun parent n aime plus faire passer les vacances de ses enfants auprès d’ un frère ou sœur dont les conditions de vies sont précaires. Et aussi aucun responsable de ménage n’ aime plus subir ce mathyr

ADJILE Danielsays:

Bonjour mon frère Grégoire SOWADAN.
Merci infiniment pour ce message qui enfin brise le silence d’un phénomène séculaire dont vous avez déjà évoqué toutes les conséquences graves qu’elle a eu sur des vies et dont pourtant, les Hommes se refusent d’admettre et de penser à y remédier.

Je profite aussi de l’occasion pour présenter toutes mes excuses publiques à mon grand frère et à sa femme qui m’ont pourtant donné le meilleur d’eux-mêmes à l’époque et dont mon immaturité en avait été ingrate.

Ailleurs, ce sont les parents biologiques eux-mêmes qui organisent des sorties en famille avec des destinations précises pour lesquelles les parents cotisant en impliquant les enfants.

Mais les ignorants aiment vivre les vacances sur les dos d’autres personnes qui elles aussi acceptent cela par ignorance et comme nul n’est censé ignorer Les lois de la nature, cette façon de passer les vacances finit toujours par laisser de graves conséquences.

Nous devons donc apprendre à être responsable de la qualité de Vie que nous offrons à notre postérité en parlant de vacances et cesser d’être ÉGOÏSTE en allant importuner la vie paisible d’autres personnes sous le couvert d’une quelconque affinité aussi familiale ou amicale soit-elle.

Ce message merite bien l’attention du public par une conférence que vous allez donner à l’association des parents d’élèves dans les écoles à la veille des départs en congés ou en vacances.

Merci

TOSSOU Josephsays:

Bonjour maître Grégoire et merci pour ce réveil de conscience. Au delà des réseaux sociaux je suggère que ce cela soit relayer par les médias traditionnels.

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