Voici les choses à savoir, si vous voulez fonder un foyer digne, et œuvrer ce faisant pour l’édification d’un monde meilleur.
Le triste aveu d’échec d’une personne du 3è âge

J’ai rendu visite un jour, accompagné de mon épouse, aux parents d’une amie. Je ne me souviens plus de ce qui passait à la télé comme émission, mais je n’ai pas oublié les propos du papa que lui a inspirés cette émission :
« J’ai honte et mal de constater que nous n’avons rien laissé de bon comme héritage à la jeune génération. Nous avons échoué. »
J’étais vraiment surpris d’entendre ce type d’aveu de la bouche d’un parent. D’habitude, j’entends plutôt des jugements prononcés par les adultes ou les vieux contre la jeunesse, oubliant qu’ils sont responsables de l’état de cette jeunesse. Ils ont sûrement oublié ou ignorent que l’état actuel de la jeunesse est le résultat de leurs choix de vie quand ils étaient jeunes. Ils ont oublié que cette jeunesse a appris de leur exemple. Ils ignorent sûrement que ce qu’ils font parle plus aux enfants que ce qu’ils disent. Ils ignorent sûrement que ce sont eux qui ont la lourde responsabilité de mettre au monde des démons ou des anges.
Prenons l’exemple d’un politicien ou d’un agent de l’État qui parle d’honnêteté à son enfant à la maison, le punit pour un larcin, mais se construit lui-même de grands immeubles, s’achète des voitures luxueuses, entretient de nombreuses maitresses, avec de l’argent dont la source douteuse est évidente : le détournement du trésor public. Quel exemple donne-t-il à cet enfant ? Croit-il que l’enfant ne voit pas ou ne ressent pas qu’il vole, et que ce faisant il est un mauvais exemple d’intégrité ?
Qui sont les responsables de l’état de la jeunesse ? Des responsabilités partagées.
Nous voulons tous, sans exception, une société où règnent le bon droit et la justice. Nous voulons tous une société idéale, où règnent l’amour, la justice, la probité et autres vertus encore. Mais combien se préoccupent de cultiver ces valeurs dans leur foyer ? Non. On prône ces valeurs en pensant qu’elles doivent venir des autres.
Combien d’enfants ont déjà demandé à leur père : « Papa, cette voiture que tu m’as offerte, comment, avec quel argent, me l’as-tu achetée ? », s’il sait que son père ne gagne pas suffisamment d’argent pour la lui offrir ?
Combien de femmes refusent de jouir des biens que leur octroie leur mari, parce que frauduleusement acquis ?
Au contraire, on est heureux que son mari occupe un poste où il peut devenir facilement un voleur de biens publics. Et lorsqu’un homme occupant un haut poste se refuse de voler l’argent du peuple, et que, par conséquent, il continue de « végéter dans la pauvreté », aux yeux des siens, n’est-il pas traité de stupide, de con, et de tous autres noms ? Pourquoi sommes-nous souvent heureux quand notre enfant réussit au concours de la douane ? Parce que très vite il va devenir riche, riche de l’argent frauduleusement gagné.
Et quelle éducation pensons-nous donner à nos enfants en agissant ainsi ? Nous leur apprenons que l’argent doit se gagner à n’importe quel prix. Nous leur apprenons que voler le bien public n’a rien de répréhensible. Et le schéma se répète de générations en générations. Que c’est triste !
Changer de mentalités et de comportement en vue d’un monde meilleur.

Ne plus fonder un foyer par fantaisie.
Nous devons œuvrer à un profond changement des mentalités, qui doit partir de soi, de chacun et non des autres. Nous devons prendre conscience que toute société est comme un tissu formé des différentes cellules qui le composent. Et pour que l’harmonie, le droit, la justice et la probité règnent dans une société, il faut d’abord les cultiver dans les cellules que constituent les familles. Et pour cela, il faut prendre aussi conscience qu’un foyer ne doit plus se fonder par fantaisie.
Quand on demande à des jeunes gens en voie de s’épouser pourquoi l’un veut épouser l’autre, il ou elle répond, en général : « C’est parce que je l’aime ».
Eh oui, les gens s’aiment l’un l’autre et s’épousent. Mais beaucoup réalisent très vite que l’amour seul ne suffit pas, qu’ils se sont trompés et décident de se quitter. Et s’ils n’ont pas le courage de le faire par peur des on-dit, ou d’enfreindre au principe d’inséparabilité du mariage religieux, ils se supportent mutuellement, sous prétexte qu’ils ont des enfants, des enfants qu’ils élèvent dans la disharmonie.
Changer les mauvais critères pour s’engager avec quelqu’un par les bons.
Beaucoup de femmes sont sûres que pour fidéliser leur mari, elles doivent simplement pouvoir le tenir par » le ventre et le bas-ventre », c’est-à-dire par de bons mets et par le sexe. Et de nombreux hommes semblent leur donner raison. Car, ils recherchent pour épouse une femme qui sait bien faire la cuisine et qui les satisfait sexuellement. Les femmes, de leur côté, veulent d’un mari qui leur donne beaucoup d’argent et, cerise sur le gâteau, est un as au lit.
Je pense et soutiens fermement que ce genre de femmes et d’hommes ne sont guère suffisamment matures, ni les unes ni les autres, pour prétendre à la vie conjugale ou de parents. Ils ne sont pas assez mûrs pour prétendre à fonder un foyer équilibré, et donner de bons citoyens à la nation.
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Quelques conditions à remplir avant de fonder un foyer.

Pour prétendre à la vie conjugale, l’homme et la femme doivent, en effet, s’être auto-construits eux-mêmes, ils doivent, chacun de son côté, avoir développé les qualités que sont l’équilibre, la justice, l’amour et le respect de soi et des autres, le respect du bien public, l’intégrité, etc. Car, l’on ne peut donner à l’autre que ce qu’on a. S’ils n’ont pas acquis ces qualités, ils ne seront pas en mesure de les transmettre à des enfants, et s’ils en font, ils feront des délinquants. Alors qu’ils n’en fassent pas.
Et si nous sommes d’accord sur ces points évidents, vous comprenez que je dise que très peu nombreux sont ceux qui méritent d’être parents. Car on ne fait pas des enfants pour en faire. On fait des enfants si l’on est sûr d’en faire des gens bien, d’honnêtes citoyens.
Et ceux qui ne se préoccupent pas de la qualité d’hommes qu’ils offrent à la société à travers leurs enfants sont des gangrènes pour la société. Ceux qui ne se préoccupent pas de donner le bon exemple à leurs enfants sont des dangers publics. Ceux qui croient qu’il leur suffit de mettre de l’argent à la disposition de leur progéniture pour mériter de porter le titre de bons parents, de l’argent de sources douteuses qui pis est, sont des dangers pour la société. Et vous en convenez sûrement.
Sachant cela, n’allons plus à la vie conjugale, si nous ne sommes pas en mesure d’être pour nos enfants des modèles d’intégrité et de dignité. Nous ne sommes pas de simples animaux qui font des petits, guidés par leur instinct. Non ! Nous sommes des hommes, c’est-à-dire des êtres doués de raison, et devons, à ce titre, agir en êtres raisonnables, qui ne perdent jamais de vue qu’ils sont les seuls responsables de ce que sera leur postérité, de ce que sera le monde.
Merci pour l’attention. (Lire aussi « Savoir dire non, un besoin fondamental »)
Grégoire SOWADAN
