Qui n’a pas de défaut? Le plus important, c’est de pouvoir en tirer profit, comme le montre Laetitia SEMADO SOWADAN, l’auteure de cet article
Faites de vos défauts des atouts

L’un de mes plus grands défauts, celui qui m’avait été reproché durant de longues années sur le plan professionnel, c’était mon souci du détail. Mes collègues de travail avaient d’ailleurs pris l’habitude de se moquer gentiment de moi en m’appelant par divers surnoms : « Madame détail », « apothicaire », etc. Elles avaient bien raison car, effectivement, durant les réunions ou dans le cadre de l’exécution d’une tâche, pendant que tous se concentraient parfois sur l’aspect général d’un problème, il m’arrivait d’en relever un aspect jugé secondaire.
Ce souci du détail était davantage exacerbé lorsqu’une rédaction ou une correction de courrier m’était confiée. Je me souviens par exemple de cette phrase qu’une collègue et grande amie avait coutume de me lancer : « Vraiment… Toi là, tu aimes trop les virgules ! ».
Heureusement, même si j’investissais plus de temps et d’énergie sur une tâche à exécuter, cela ne m’empêchait pas de respecter les délais. Néanmoins, cette faiblesse, cette quête de la perfection, qui me faisait parfois paraître trop compliquée, et dont j’avais conscience, je souhaitais m’en défaire ou, à défaut, l’atténuer. J’enviais un peu ceux-là qui avaient la faculté d’aller juste à l’essentiel et j’essayais de prendre exemple sur eux.
Je me promis donc de changer, j’essayai de toutes mes forces, je me livrai une bataille intérieure ardue jusqu’au jour où le déclic se produisit : je compris que j’avais tort. « Pourquoi ? », me demanderiez-vous peut-être. Et moi, je vous répondrai qu’avec le temps, je me suis acceptée. J’ai compris qu’une faiblesse ne doit pas être traitée en adversaire ; et qu’un défaut, lorsqu’il n’est pas l’expression d’une souffrance psychologique, est une qualité qu’on ignore. C’est l’autre face de la médaille, l’image déformée d’un atout. Celui-ci nous apparait sous forme de défaut parce que nous nous ignorons ou refusons de nous accepter tels que nous sommes. L’acceptation de soi sert de matière première à toute transmutation.
Récemment, je me suis engagée dans un projet passionnant, et ce que j’avais longtemps considéré comme un défaut s’est révélé à moi comme l’un de mes plus précieux atouts. Ceux avec qui j’ai collaboré, malgré les chaudes discussions que nous avons parfois menées, n’ont pas tari d’éloges sur ma rigueur et mon sens du détail.
Pourquoi ai-je l’élan de vous raconter cette histoire ? Je ne saurais le dire. Ce dont je suis certaine toutefois, c’est que nous avons souvent tendance à grossir nos défauts. Il nous arrive trop souvent de dramatiser nos faiblesses. Mais si nous faisions l’effort de nous regarder avec plus d’indulgence, nous réaliserions bien vite que nous ne sommes pas si mal lotis que ça, et que notre prétendu défaut pourrait devenir l’un de nos meilleurs alliés, à condition que nous sachions le canaliser et l’orienter.
Quelques exemples de réussites basées sur un handicap de départ.

Vous pensez être plutôt introverti ? Peut-être avez-vous le don d’écoute. Vous estimez être trop curieux ? Vous êtes peut-être capable de mener des enquêtes ou de faire des recherches scientifiques. Qui sait ?
Prenons le cas d’Ashley Graham, cette belle Américaine, célèbre pour ses rondeurs, qui casse les codes du monde du mannequinat. Un autre exemple ? Nick Vujicic, cet Australien né sans bras ni jambes qui a réussi à transformer son handicap en force et en source d’inspiration pour beaucoup de monde. Quel est leur point commun ? Ils ont réussi à opérer cette magie et transformer leur point faible en point fort.
Voilà quelques belles leçons de vie à méditer. (Lisez aussi « A l’image de la cuisinière et du gaz »)
Laetitia SEMADO SOWADAN
