Du pipi au lit jusqu’à 22 ans, Dieu s’est servi comme moyen de protection. Grégoire SOWADAN vous explique comment.
Ne jamais se moquer de celui qui souffre de pipi au lit (énurésie)

Un jour de l’an 2002, je surpris un jeune homme, avec qui je partageais par moment la même concession, en train d’injurier sa jeune sœur d’environ 15 ans. Il lui reprochait, à coups de moqueries publiques, de continuer à faire pipi au lit, à son âge. Et il croyait bien agir.
Les moqueries du jeune homme contre sa sœur me mirent hors de moi, alors je lui répliquai : « Mon cher, moi j’ai pissé au lit jusqu’à 22 ans. Crois-tu que j’éprouvais une joie à faire ça ? Penses-tu que si j’en avais eu les moyens, j’aurais continué de manifester cette humiliante faiblesse jusqu’à 22 ans, moi qui ai vécu dans un internat, au séminaire en l’occurrence, et devais sortir mon matelas mouillé, souillé, plusieurs fois en une semaine, sous le regard parfois moqueur de mes camarades ? »
Il me répliqua : « Ça c’est une maladie ! ».
« Tu as sans doute raison, approuvai-je. Mais dis-moi, si toi tu souffrais d’une maladie, souhaiterais-tu qu’on s’en moque ? Je suis sûr que non. Alors cesse de te moquer de « la maladie supposée » de ta sœur. Il est vrai que tu ne souffres pas de la même maladie qu’elle. Toutefois tu en as une que moi j’ignore. Car chacun a toujours une maladie ou une faiblesse dont il voudrait se cacher. Alors ne mets pas à nu les faiblesses de l’autre, et surtout ne t’en moque pas. »
L’ami comprit et accepta la leçon, et il eut par surcroît la décence de demander pardon à sa sœur. Je réitère le même conseil à chacun de vous qui me lisez.
Je fais un clin d’œil à mes anciens camarades du séminaire et leur demande pardon de les avoir indisposés pendant de si longues années, par ma faiblesse que je ne regrette pas.
Les bienfaits du pipi au lit
Bien sûr, je ne souhaiterais pas revivre cela, tellement c’était pénible. Néanmoins je dois reconnaître que cette faiblesse m’a rendu d’énormes services. Dieu écrit droit avec des lignes courbes.
Protection de l’orgueil
Je me rends compte, en effet, aujourd’hui, que j’étais un enfant et un adolescent très libre et un tantinet imbu de sa personne. Sans fausse modestie, j’étais relativement brillant en classe, sans même fournir d’efforts comme certains. J’étais prédisposé à être orgueilleux. Mais, devoir sortir mon lit les matins sous les regards non seulement de mes camarades, mais aussi sous ceux des jeunes filles qui nous faisaient la cuisine, me ramenait à mon humble dimension. Je m’estime aujourd’hui relativement humble, grâce à l’énurésie.
Protection de la sexualité précoce
Je me souviens aussi que pendant plus d’une année, à ma sortie du séminaire, je suis resté en amitié avec une fille, sans jamais l’inviter chez moi. Je lui rendais visite fréquemment, mais elle, jamais ne devait venir chez moi. J’ai su plus tard qu’elle me trouvait philosophe, ne comprenant pas pourquoi je ne l’invitais jamais à la maison. En réalité, le pipi au lit a fait de moi un philosophe à ses yeux. Comment pouvais-je donc risquer qu’elle découvrît mon talon d’Achille ? Nous avons fini par nous séparer.
En me lisant, elle peut enfin comprendre la raison de sa tenue à l’écart de ma maison. Mais plus encore, elle doit supposer que grâce à ma faiblesse, elle n’a pas été mère précocement ou n’a pas dû procéder à un avortement à cause de moi. Et moi je n’ai point contribué à alourdir davantage la charge déjà trop grande que s’étaient infligée mes parents.
Dieu écrit droit avec des lignes courbes.
Des psychologues m’ont appris, par la lecture, que ce genre de faiblesses peut laisser au cœur de l’enfant devenu adulte des traumas dont seul le fait de pouvoir en parler librement peut le guérir. J’ose en parler publiquement aujourd’hui, et même à la face du monde, afin de m’auto-guérir d’éventuelles reliques des traumas de cette faiblesse.
Attirer l’attention de chacun sur le mal qu’on peut infliger à son prochain en riant de ses faiblesses, au lieu de le soutenir dans sa peine.
Enfin, rappeler que chaque situation difficile, qui est programmée pour nous, a bel et bien sa raison d’être dans le processus de notre édification, de notre développement, de notre réalisation de fils ou fille de Dieu, notre Père à tous.
Dieu nous bénisse et nous en donne toujours la force. (Vous pouvez lire aussi « Quand l’homme créa Dieu à son image »)
Grégoire SOWADAN
Conclusion : Ne plus avoir honte de son passé ; ne pas se moquer de son prochain.
J’ai fait exprès de publier ce post, parce que je sais que beaucoup souffrent de railleries méchantes et des profonds traumas et blessures qu’ont gravés en eux ces méchancetés. Je veux leur dire qu’ils n’ont aucune honte à avoir de leur passé peu glorieux. Ils doivent savoir qu’ils ont tout intérêt à en guérir. Et le meilleur moyen d’y arriver, c’est de savoir qu’ils ne sont pas les seules victimes de l’ignorance et de la bêtise sociales, et de banaliser leurs souffrances passées.
En outre, chacun de nous doit prendre conscience qu’il ne faut jamais juger ni se moquer d’un état peu enviable du prochain. Car cette attitude crée chez l’autre des blessures qui cicatrisent difficilement.
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