Au cœur du débat sur l’opportunité ou non d’1 loi en faveur de l’avortement, Grégoire SOWADAN se prononce.
Avec ou sans une loi, l’avortement est un fait quotidien.

Mes chers amis, je trouve ce débat ridicule. Je m’explique.
Les gens ont toujours eu recours à l’avortement pour cacher leur honte. Les femmes qui s’y livrent savent parfaitement qu’elles pourraient en mourir ou en sortir stériles. Elles s’y adonnent quand même. Les hommes qui y poussent des filles ou des femmes sont en général sans le moindre scrupule.
Mieux, je connais des grands séminaristes qui ne sont pas devenus prêtres, tout simplement parce qu’ils ont mis une fille enceinte et, craignant de perdre à jamais leur chance de devenir prêtres, ont poussé la fille à avorter. Malheureusement pour eux, la chose s’est sue, car la fille est morte ou est devenue gravement malade, voire folle.
S’ils avaient réussi à être prêtre avant que cela n’arrive, croyez-vous vraiment qu’ils s’en seraient passés. Vous savez très bien que pas du tout. Des prélats ou des religieuses qui ont avorté, on en connaît. Vous en connaissez sûrement, vous aussi. Je les cite en exemple parce que la morale chrétienne fait d’eux les premiers défenseurs, les avant-gardistes du respect de la vie fœtale, envers et contre tout.
Tout cela pour dire que l’interdiction d’une chose n’empêche pas qu’on la fasse. Au contraire, tout laisse croire que c’est par la pomme interdite que l’homme est attiré.
C’est bien connu, par ailleurs, que le meilleur moyen d’attirer quelqu’un vers une chose est de la lui interdire. C’est la nature de l’homme qui est ainsi.
Contre une opposition aveugle et hypocrite à l’avortement.

Alors, ne cherchez pas à faire croire au monde entier qu’une loi pour rendre l’avortement licite pousserait tout le monde à y recourir, ou à s’y adonner. L’affirmer, c’est mentir ou faire preuve d’ignorance. Je dirai que l’autoriser sera plutôt une bonne manière d’amener le plus grand nombre à ne pas y recourir. C’est mon assurance.
Une chose me désole par-dessus tout, c’est de ne rien faire pour empêcher le violeur de s’attaquer à l’intégrité d’une femme, mais de forcer celle-ci, par une prétendue morale, à garder le fruit du viol, un enfant qu’elle passerait le restant de sa vie à haïr.
Les ennemis farouches de l’avortement savent-ils l’existence de trisomiques ? Si l’échographie montre clairement qu’un enfant sera forcément malformé et devra, une fois mis au monde, souffrir lui-même et faire souffrir les siens toute son existence durant, pourquoi vouloir obliger les parents à le garder ?
Une interdiction aveugle qui, en vérité, n’empêche personne de faire ce qui est prohibé, dites-moi, à quoi sert-elle ? Seulement à culpabiliser. Et pour moi, elle est purement et simplement nuisible.
L’interdiction de l’avortement n’a jamais empêché personne d’y avoir recours, surtout quand il s’agit de se cacher ou de cacher ses fautes au monde entier.
Je trouve que faire semblant de lutter contre quelque chose publiquement, alors qu’on n’hésiterait pas à la faire en secret, cela s’appelle de l’hypocrisie.
Hélas, les hypocrites, il y en a à foison.
Je ne suis pas pour l’avortement. Et je rends grâce de n’en avoir jamais été l’instigateur. Je ne veux pas y avoir recours un jour. Par conséquent, je ne pose jamais d’acte qui me conduirait à faire ce que je ne veux pas. C’est à cet effort constant que j’invite chacun.
Pour un avortement à caractère nécessaire.

Je n’ai jamais fait d’avortement. Et je n’en ferai jamais, par la Grâce de Dieu, même si une loi venait m’autoriser à le faire. Car je ne veux pas mettre la vie de la fille d’autrui en danger.
Mais si une grossesse devait mettre la vie de mon épouse en danger, et si l’avortement devait être notre seul recours, pourquoi laisser mon épouse mourir ? Le fœtus aurait-il plus de poids que la vie de ma femme ? Je pense que non, et je suis sûr que vous êtes du même avis, ne serait-ce que sur ce point précis.
Chers amis, je le répète, ce n’est pas parce qu’une chose est permise qu’on la fait systématiquement.
Nulle loi n’interdit chez nous qu’on prenne de l’alcool. Mais moi je n’éprouve pas le besoin d’en prendre. Car je juge que ce n’est pas bon pour moi. Le jugement personnel compte beaucoup.
La cigarette n’est point prohibée, mais je n’en ai jamais fumé. Pourtant ils sont bien nombreux, ceux de mon entourage qui en fument.
La drogue par contre est prohibée et sa vente sévèrement punie. Tout le monde sait à quel point elle nuit à la santé mentale de quiconque en prend. Cela n’empêche pas des gens de « haut rang » d’en faire le commerce et de mettre la vie d’une multitude en péril.
Ce n’est pas une interdiction qui éloigne un vice, au contraire elle tend à l’empirer. En revanche, quand vous mettez une chose à la portée de tous, c’est surprenant mais c’est également vrai, la tendance générale est de s’en éloigner. (Découvrez mon opinion sur l’homosexualité.)
Grégoire SOWADAN
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One reply on “Pour ou contre une loi sur l’avortement ”
[…] Voilà. J’espère que ma réponse ne m’attirera pas vos foudres. (Lire aussi « Pour ou contre la loi sur l’avortement ») […]