Quel rapport à la mort ?

Vie spirituelle
Quel rapport à la mort
SOMMAIRE

Il faut distinguer la mort de la désincarnation, nous dit Grégoire SOWADAN. Découvrez ce qu’il en pense.

L’homme est un esprit dans un corps, et non un corps qui possède un esprit

La mort nest pas la désincarnation de l'âme
L’homme existe en dehors du corps qui n’a fait que lui servir de demeure.

Très cher lecteur,

Je voudrais partager avec vous mes réflexions sur un sujet qui concerne tout homme : Le rapport à la mort.

Je voudrais partir des propos de Jésus : « Laissez les morts enterrer leurs morts ! » pour dire, d’entrée de jeu, qu’en réalité, ce que nous appelons communément la mort n’est pas la vraie mort, mais la désincarnation. Car, l’homme est une âme incarnée, le verbe fait chair. L’homme existait déjà, bien avant de venir sur la terre. Pour venir sur la terre, il a dû se construire une maison : le corps physique que nous voyons, que nous percevons de nos sens physiques.

Mais l’homme est, au-delà de ce corps qu’il habite, un être spirituel, une âme qui est en voyage sur la terre et qui, au terme de son voyage, quitte sa maison, (son corps) appelée à retourner à la terre. L’homme qui quitte la terre, c’est-à-dire son corps physique, se désincarne et poursuit son chemin. Et c’est sa désincarnation que, par abus généralisé de langage, nous appelons la « mort ».

Cet abus, on peut l’expliquer par l’erreur, elle aussi généralisée, de considérer l’homme non pas comme une âme dans un corps, une âme qui habite un corps qu’elle s’est construit, mais comme le corps qui possède une âme. Et c’est sûrement cette dernière erreur qui induit nombre d’hommes religieux dans une plus grave erreur.

En effet, il est devenu une coutume dans notre pays, et sous d’autres cieux, que l’on promène de contrées en contrées, les restes, les dépouilles, le cadavre d’un homme (ou d’une femme) appelé(e) saint (ou sainte), en alléguant : « Sainte Thérèse a rendu visite au Bénin », « Saint Antoine de Padoue est dans notre pays. », etc.

Et les crédules, pauvres d’eux ! qui courent adorer des reliques, des ossements, un cadavre ! C’est à croire que ces hommes, supposés enseigner à leurs ouailles que la vie se poursuit au-delà de la terre, ont perdu la boussole et ne croient rien de ce qu’ils enseignent. Pour eux, l’homme, le saint, se réduit à ses reliques. Est-ce vraiment là le chemin tracé par le Christ ?

Revenons à la question de la mort.

Ce que nous appelons « mort » est, comme je l’ai dit, la désincarnation de l’âme, le passage de l’état de chair à celui d’esprit ; c’est un retour à l’état premier.

Quand on dit de Jésus : « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous », il faut entendre que le Verbe, avant de venir sur la terre et habiter parmi nous, existait déjà sous une autre forme : celle de verbe, la forme de l’esprit.

Et quand, après ses trente-trois ans terrestres, il devait repartir d’où il est venu, qu’a-t-il dit à ses apôtres ? – « Je retourne chez le Père pour vous y préparer une place. » Ce qui signifie, en clair, que les apôtres, à leur tour, iront le rejoindre là-haut, pendant que leur corps devenu cadavre se décompose et redevient terre.

Pourquoi donc accorder une telle importance à ce qu’il y a de temporel en l’homme, sa maison, au détriment de l’homme lui-même, l’âme qui est éternelle ? Jetez un regard sur les énergies perdues, tout l’argent gaspillé dans l’enterrement –le retour à la terre – d’un cadavre. Pourquoi s’endetter, plonger ceux qui sont encore sur la terre dans des problèmes, en les dépossédant de ce dont ils ont besoin pour continuer de vivre ?

Le plus ahurissant, c’est de constater que des arbres –et pas n’importent lesquels – sont détruits, non pas pour servir les vivants, non pas pour servir à produire des œuvres d’art, des meubles ou à construire des maisons, mais à fabriquer des cercueils luxueux qui n’ont de fin que d’aller pourrir dans le sous-sol. C’est absurde ! Ne voyez-vous pas ? Au même moment on parle de lutte contre la désertification, de préservation de l’écosystème. Tout cela me semble de vains mots, lorsque mon regard se pose sur ces agissements incohérents généralisés.

De la nécessité de vite inhumer un corps.

A la mort de quelqu'un, ne jamais mettre son corps à la morgue.
Ne jamais mettre un corps à la morgue.

Beaucoup s’étonnent, du moins tout le monde s’étonne quand j’affirme que je ne vais plus aux enterrements, ni dans les maisons mortuaires durant toute la période avant l’enterrement. Les raisons sont de deux ordres : physique et métaphysique.

D’abord, je refuse de prendre part à ce gaspillage des ressources financières et naturelles. Je refuse de participer à la désertification de la terre. Je préfère dépenser mes sous à soigner un malade, à contribuer à prolonger son séjour sur la terre, en lui donnant l’argent dont il a besoin pour se soigner, plutôt que d’attendre qu’il meure pour organiser des festins fastueux autour de son cadavre.

Je pense qu’un « mort », je veux dire les dépouilles d’un désincarné, ont besoin de vite retourner à la terre, leur origine, et l’âme à ses origines célestes. Le cadavre n’a cure de cercueil. Un simple linceul suffit, comme au temps de Jésus et chez les musulmans aujourd’hui, pour le porter dans le sein de la terre d’où il provient.

L’âme par contre a besoin de continuer son chemin au plus tôt, c’est-à-dire avant épuisement des trois jours qui suivent sa désincarnation. Or, si elle n’est pas suffisamment libérée de la matière, seule la mise en terre de son ancienne maison, son corps, l’en libère et lui permet de poursuivre sa route.

On n’imagine pas souvent à quel point on fait souffrir l’âme en retenant son corps à la morgue. Et pourquoi ? –Pour des raisons futiles ! Sachez-le, l’âme qui se désincarne a besoin que ses dépouilles retournent à la terre au plus tôt. C’est lui faire vivre un enfer que de garder son corps à la morgue.

Ces propos que je tiens, cher lecteur, peuvent vous sembler ridicules. Mais je vous assure que je sais très-bien de quoi je parle.

L’âme dont le corps délaissé n’est pas enterré flâne autour de ce corps, tel un prisonnier en colère, et peut faire beaucoup de mal, si elle n’est pas éclairée. Si Jésus recommande à ceux qui ont choisi de le suivre : « Laissez les morts enterrer leurs morts », c’est bien en connaissance de cause. Prise mots pour mots, cette recommandation ne veut rien dire ; car comment un mort, un être inanimé, enterrerait-il un autre mort ? La vraie compréhension de cette recommandation réside dans le vrai sens de la mort.

Qu’est-ce que la véritable mort ?

Qu'est-ce que la mort en vérité?
Un mort est semblable à une lampe qui s’est éteinte, faute de pétrole

La mort, la vraie, c’est d’avoir gaspillé le pétrole destiné à entretenir la flamme, le feu divin contenu au départ en chaque homme. C’est d’avoir vidé, gaspillé son énergie vitale limitée dans des occupations malsaines, dissipatrices d’énergie, de sorte que la lampe intérieure s’éteigne, faute de pétrole.

C’est dire que sur la terre, parmi les hommes, il y en a qui sont vivants, qui possèdent cette flamme divine qu’ils alimentent soigneusement de leur réserve de pétrole, d’énergie vitale ; mais il y a aussi des cadavres ambulants, qui ne paraissent vivants que d’être encore sur la terre. Leur apparente vie est trompeuse.

Lorsqu’un mort (au sens vrai du terme) se désincarne, l’âme rôde autour du corps et prend part aux différentes cérémonies organisées autour de son cadavre : veillées, messes d’enterrements et autres. Et quand un vivant (au vrai sens du terme également) se retrouve dans son rayon, l’âme morte du « mort » a toutes les possibilités de le vampiriser, de lui voler son énergie, son pétrole, allant même jusqu’à déverser sur lui les déchets contenus dans sa poubelle. Il revient par conséquent malade des maladies précédemment développées par le mort désincarné.

La seule manière pour un vivant de se préserver d’une telle vampirisation, c’est d’éviter de fréquenter ces lieux. Je parle d’expérience. J’ai été moi-même victime de cette situation, trois fois. J’en ai tiré leçon, et j’ai décidé que cela ne m’arrivera plus.

Entende qui a des oreilles pour entendre.

Je sais que ma façon de voir et d’être face à la « mort », c’est-à-dire la désincarnation, rencontrera chez la plupart, la quasi-totalité de mes concitoyens, une résistance et une opposition farouches. J’en suis fort conscient. J’avertis juste ceux de bonne volonté, qui sont préoccupés par leur évolution d’enfant de lumière, préoccupés de faire triompher en eux la lumière sur les ténèbres, qu’il y a des lieux où ils risquent fort de se faire vampiriser, et de perdre ainsi la précieuse énergie dont ils ont besoin pour avancer sur le chemin intérieur, le divin chemin de la vie. (Découvrez quel est le sens de la vie de l’homme ici)

Que le Père vous bénisse et vous ouvre à cette Vérité difficile à accepter.

Fait à Cotonou, ce 05 Juillet 2012.

Grégoire SOWADAN

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